Buoux – Sur les traces des maîtres

Attention, dans l’article que vous allez lire l’abus superlatifs peut heurter la sensibilité des plus jeunes.

Je m’apprête à vous décrire, à chaud ce qui à été sans doute été ma meilleure expérience de grimpe jusqu’à aujourd’hui.

 Quand on va à Buoux pour la première fois, on repense à tout ce qu’on en à entendu : molasse, trous, majeur, déroutant, mythique, rouste, exigent. Autant dire qu’on fait pas trop les fiers et on commence par revoir nos ambitions à la baisse.

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Ambiance dès l’arrivée en voiture.

 A notre arrivée on tombe nez à nez avec cette immense falaise bleu et ocre baigné de lumière, impatients on traverse le petit vallon encore tout givré en direction des secteurs Beda et Emoro. On attaque donc tout à gauche par les dalles à friction de « Canaris des Iles » et « Chaton » 5c qu’Audrey enchaîne après moi.

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Audrey dans « Canaris des Iles », 5c bien dalleux

 Mis en confiance par ce premier contact plutôt positif on change de secteur et d’ambiance direction la vire de GVB, petit pensée pour Mr. Patrick en passant au Pied de « La beda » (qui apparaît dans le film culte « La vie au bout des doigts »).

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Installation et repérage sur la vire du secteur GVB

 Sur les conseils des grimpeurs du coin je me lance dans « Grande veine bleu » deux longueur 6a;6b et là, c’est le coup de foudre ! Cette seule voie méritait le voyage, le rocher frôle la perfection, il y est tant sculpté que l’usure et la patine n’y on aucune emprise. Je suis déjà comblé, et on est pas au bout de nos surprises.

 Audrey fait un tour en moulinette dans la très physique première longueur en 6a de « Grande veine bleu » mais un vilain bidoigt aura raison des ses p’tits bras :p.

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Jérémie dans « Grande Veine Bleue », 6a – 6b (deux longueurs)

 Je pose ensuite les bouts des chaussons dans  » Miss terre » 7a juste à coté, une voie assez courte et technique pour pas dire fourbe. Je m’offre la croix au deuxième essai.

 C’est donc tout guillerets que nous redescendons au secteur « mur Zappa » ou l’on termine la journée dans « Minouchette chérie » 5c+ sympathique même si le cailloux est moins joli dans ce secteur.

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Sympathique auberge la Sparagoule.

Après une bonne nuit de repos et un petit déjeuner copieux à l’auberge la Sparagoule nous sommes de retour, cette fois plus à droite au secteur Fakir.

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Au petit matin, sur la vire du secteur Fakir

 Je m’échauffe dans la L1 de  « Le pilier déglingué » 5c et ses belles strates à bacs dorées. Audrey se fait les biceps derrière moi.

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Jérémie  à l’échauf dans « Le pilier déglingué »

 On ne peut plus résister à l’attraction de ce grand mur ocre à notre gauche, j’entame donc « Cri de guerre » 6b+ et là c’est le pied ! Tout déroule, sur des prises hyper variées allant de la strate à pincer au bidoigt parfait  en passant par le plat subtile plat à gérer les pieds en adhérence.

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Jérémie en plein Cri de guerre !

 Je pars ensuite dans « Dérision » 7a, sans avoir la moindre idée de ce que ça va donner. Je passe la première partie sur trous et son petit réta, j’entame la deuxième et plus raide partie. « J’hallucine tout roule… » au repos j’exprime mon enthousiasme à toute la falaise en braillant mon classique « C’est dément !! ». C’est finalement dans le crux, sous le relais que ma folle envolée s’arrête. J’y aurait cru à ce « à vue », mais quelle importance… Je suis ravi.

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Jérémie dans « Dérision », un 7a dément

 Intriguée par mon enthousiasme démesuré Audrey part en moulinette pour voir et s’en sort plutôt bien puisqu’elle monte jusqu’au crux.

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Audrey se lance aussi !

 Pressés par le temps je fais la première partie de « Bleu tomate » 6b et son bombé à trous dantesque. Les bras pétés, la peau en charpie et la gorge sèche je tombe au réta mais j’exalte ! Oh mon dieux ces TROUS… Je suis amoureux.

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Jugez plutot…

On m’avais bien prévenu qu’a Buoux tout le monde se faisait dérouiller. Et bien je vais vous dire, des fessées comme ça, je veux bien en prendre tous les jours…

 Le mot d’Audrey :

 Buoux ? Sans conteste la falaise la plus impressionnante de tous mes souvenirs. Du caillou de folie aux couleurs orangées sur des centaines de mètres (aussi bien en hauteur qu’en étendue), tantôt à strates, tantôt à trous, tantôt bien raide, tantôt dalleux… Le tout dans une ambiance provençale, avec une parfaite chaleur hivernale ! (Je pensais pas dire ça un jour ..)

Après un plein de sensations fortes, je rentre finalement ravie avec deux jolis 5c en dalle à rajouter à mon petit carnet de croix, et j’ai même pu bouger dans un 7a en moul ! Moi aussi, je veux bien me faire dérouiller comme ça tous les jours :)

Catégorie(s) : France, PACA
Publié le 08.12.2013 à 09:19

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